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Le test VIH

Pourquoi faire le test


Lorsque quelqu'un présente un risque d'être infecté par le VIH, le test est le seul moyen pour lui de savoir s'il est séropositif ou non. Ce test devrait s'accompagner de conseils médicaux détaillés.
En l'espace de quelques années, le sida est devenu une pandémie, c'est-à-dire une épidémie se propageant dans le monde entier. Il est important que chacun sache s'il est infecté ou non par le virus du sida. Il évitera ainsi de participer à la propagation de cette maladie mortelle.

Un calme trompeur

Celui qui a contracté le VIH ne remarque en règle générale rien pendant des années (à l'exception de l'apparition, dans certains cas, d'une affection grippale au cours des six premiers mois), mais ce calme est trompeur. Dans ce laps de temps où aucun symptôme n'apparaît et qui dure plusieurs années, la personne infectée est déjà contagieuse. Le seul moyen de savoir si on est infecté ou non est de faire un test VIH. Celui qui s'y soumet se comporte, vis-à-vis de lui-même et des autres, comme une personne consciente de ses responsabilités.

Un test a toujours sa raison d'être

Un résultat négatif au test indique avec une très forte probabilité que la personne concernée n'est pas infectée par le VIH, pour autant que le délai d'attente jusqu'au test ait été respecté (cf. plus loin). Alors, l'incertitude et les craintes disparaissent. Ceux qui se sont soumis au test VIH et qui ont reçu des conseils compétents vont probablement adopter à l'avenir une attitude plus responsable, évitant toute situation à risque.

Si le résultat est positif, cela veut dire que la personne est infectée. Elle profitera également de cette information. Elle pourra tirer profit d'une thérapie antivirale précoce (dans les pays industrialisés, cf. plus loin). De plus, si le diagnostic est précoce, elle aura de meilleures chances de maîtriser les complications. Chez les personnes infectées par le VIH, d'autres maladies contribuent à augmenter le nombre des virus, ce qui affaiblit encore plus leur système immunitaire. Des maladies en soi bénignes, comme la diarrhée et le zona, peuvent ainsi évoluer dangereusement. Elles doivent de ce fait être traitées dès leur apparition. Celui qui repousse le moment de faire le test VIH perd, en cas d'infection, un temps précieux pour le traitement précoce de ces complications. De plus, en cas de séropositivité, il y a certains vaccins vivants atténués qu'il faut éviter, p.ex. les vaccins oraux contre la poliomyélite et le typhus. Enfin, une personne séropositive devrait en principe tout faire pour ne pas propager la maladie. Normalement, personne ne souhaite infecter son partenaire ni mettre au monde un enfant séropositif.

Un médecin devrait absolument savoir si son patient est séropositif ou non. C'est alors seulement qu'il pourra poser un diagnostic correct et mettre en place une thérapie efficace. Il faudra par exemple traiter la tuberculose, les mycoses profondes, etc. Nous vous conseillons d'effectuer ce test chez un médecin en qui vous avez toute confiance pour que vous puissiez aussi obtenir toutes les informations et conseils dont vous avez besoin.

Qui devrait faire un test VIH?

  • Les personnes ayant eu un comportement à risque dans le passé (par exemple, changement fréquent de partenaires).
  • Les deux partenaires qui s'engagent dans une liaison amoureuse.
  • Les couples désirant procréer.
  • Les femmes au début d'une grossesse.
  • Les femmes violées.
  • Les donneurs de sang.
  • Les personnes ayant reçu des transfusions sanguines non testées.
  • Avant certains vaccins constitués de germes vivants atténués.
  • Avant de subir une intervention chirurgicale.

Il convient de faire le test au plus tôt 2 à 6 semaines après l'éventuelle contamination. Si le résultat est négatif, il faut le répéter après 3 mois.

Le test n'a plus de sens pour les personnes chez qui le diagnostic d'une infection par le VIH est connu.


Conseils médicaux

Seule une personne infectée qui sait qu'elle est séropositive peut protéger sa santé par des mesures appropriées. Des contacts avec des porteurs de maladies – que ce soient des maladies d'enfants (p. ex. la varicelle) ou la tuberculose – peuvent être dangereux pour une personne séropositive. Elle doit à tout prix éviter la nourriture crue ou mal cuite (viande, œufs, poissons, huîtres, sauces non cuites). Le lait et les produits laitiers non pasteurisés ainsi que l'eau non bouillie hébergent également des germes qui représentent un risque sérieux pour la santé de la personne infectée. Une nourriture équilibrée et riche en vitamines est vivement conseillée. Il faut éviter le contact avec les déjections des animaux domestiques, donc, par exemple, ne pas nettoyer soi-même les étables. Il convient de se laver les mains après le jardinage ou les travaux des champs. En outre, le terreau des plantes en pot et les cages à oiseaux contiennent des germes qui peuvent contaminer les personnes séropositives. Avant de partir en voyage, elles doivent s'enquérir des risques infectieux du pays dans lequel elles veulent se rendre. Beaucoup ignorent que le stress et un gros effort physique peuvent affaiblir le système immunitaire, ainsi que les cigarettes, les drogues et l'alcool. Il est vivement déconseillé aux personnes séropositives de prendre des médicaments sans l'avis d'un médecin en raison de certains effets secondaires possibles, en particulier sur le système immunitaire.

La thérapie

Thérapie antivirale

On dispose aujourd'hui, pour combattre l'infection à VIH, d'inhibiteurs de la transcriptase inverse et d'antiprotéases. Les inihibiteurs de la transcriptase inverse empêchent indirectement l'intégration du génome du virus dans l'ADN de la cellule-hôte humaine. Le médicament s'oppose à l'action de la transcriptase inverse, enzyme importante pour la synthèse de l'ADN. Les antiprotéases, en revanche, inhibent la protéase, enzyme responsable de la production de nouveaux virus. Aujourd'hui, ces deux groupes de médicaments sont prescrits en association. Ils permettent de limiter la charge virale dans le sang et les ganglions lymphatiques et de retarder l'évolution de la maladie.

D'énormes progrès thérapeutiques ont été réalisés ces dernières années. On espère, grâce à un traitement complexe: 1. empêcher la réplication du virus et, par là même, la destruction du système immunitaire et la progression de la maladie, 2. empêcher l'apparition de variants résistants, 3. diminuer la contagiosité du malade; des études ont montré que la transmission de la mère à l'enfant peut être considérablement réduite si on administre des antiviraux à des femmes enceintes séropositives. Maintenant, on commence une thérapie avec deux inhibiteurs de la transcriptase inverse (p.ex. AZT [= Retrovir®], 3TC [= Epivir®], ddI [= Videx®] ou ddC [= Hivid®]) et une antiprotéase (Indinavir [= Crixivan®] ou Nelfinavir [= Viracept®]). Il est important de savoir que ces thérapies n'éliminent pas le virus, ont des effets indésirables très importants et coûtent très cher.

La prophylaxie médicamenteuse du sida

La prophylaxie a pour but d'éviter le déclenchement des infections opportunistes (maladies qui frappent généralement les personnes atteintes du sida) ou du moins de le retarder. On ne s'attaque ici pour ainsi dire qu'aux complications, mais l'infection est incurable et on ne peut empêcher la destruction du système immunitaire.
Les procédures à adopter dans la prophylaxie des affections opportunistes dépendent du degré d'évolution de la maladie. On a recours à différents médicaments, tels les antibiotiques et les antimycotiques

La prophylaxie après exposition

Depuis plusieurs années déjà, les membres du personnel médical qui se sont exposés à un risque d'infection à VIH, par exemple à la suite d'une piqûre accidentelle par une aiguille de seringue, se voient administrer pendant 2 à 4 semaines un ou plusieurs médicaments anti-VIH. Le risque de contamination a pu être ainsi réduit de 80%. En Suisse, depuis la fin de 1997, ces médicaments sont accessibles également aux personnes qui se sont exposées à un risque de contamination lors de rapports sexuels non protégés avec un partenaire infecté par le VIH. Mais on connaît encore mal leur efficacité dans ce cas. La seule chose dont on soit sûr, c'est qu'il faut commencer le traitement dès que possible, au mieux quelques heures après la contamination et pas au-delà de 72 heures, car alors le virus se sera déjà propagé dans l'organisme. Ces médicaments doivent être pris pendant 2 à 4 semaines et présentent d'importants effets secondaires. La décision doit être mûrement pesée, et cela par un spécialiste hospitalier, car pour l'heure, on ne dispose d'aucune expérience quant aux effets indésirables à long terme qu'une telle thérapie peut provoquer chez des sujets sains.

Ce qu'il faut savoir à propos du test

Le test de dépistage le plus courant, qui peut être réalisé par le médecin ou un laboratoire, est le test Elisa. Il détecte les anticorps anti-VIH. Le Western Blot est un test spécifique auquel on recourt pour confirmer un résultat positif du test Elisa. La période qui s'écoule entre la contamination et l'apparition d'anticorps dans le sang (séroconversion) varie d'un individu à l'autre et dépend de plusieurs facteurs (voie de transmission, quantité de virus, etc.). Actuellement, on estime que les anticorps peuvent être décelés au plus tôt deux semaines après la contamination mais, chez la plupart des sujets, ils apparaissent dans les trois mois suivant l'infection. Lorsqu'il y a soupçon d'infection, le test n'est donc pas indiqué avant un délai de trois semaines et, en cas de résultat négatif, il doit être répété après trois mois.
Il existe deux tests qui attestent directement la présence du virus: l'antigénémie p24, qui détecte l'antigène p24, un des composants du virus, et l'amplification par polymérisation en chaîne (PCR), qui détecte l'ADN du virus. On a recours à ces deux méthodes pour confirmer un premier diagnostic posé à la suite du test Elisa lorsqu'il y a trop peu d'anticorps (dans les premières semaines suivant une infection potentielle) ou lorsque le résultat du test n'est pas clair. Certes, ces deux méthodes compliquées ne permettent pas non plus de diagnostiquer une infection dans les jours qui suivent immédiatement la contamination; elles permettent seulement de le faire quelques jours avant le test Elisa. Elles ne sont donc pas utilisées dans les dépistages de routine. L'amplification par polymérisation en chaîne est aussi utilisée pour évaluer la charge virale, c'est-à-dire la quantité de virus dans le sang. Cette mesure joue un rôle très important dans la thérapie de l'infection.

En outre, il existe aujourd'hui des tests d'anticorps rapides, bon marché et d'utilisation facile qui donnent des résultats aussi sûrs que l'Elisa et le Western Blot.

Le test est dans l'intérêt de tous

Seul celui qui sait si oui ou non il est porteur du VIH est en mesure d'agir de façon responsable vis-à-vis de lui-même et d'autrui:

  • Les personnes séropositives devraient avertir tous leurs partenaires récents de leur infection pour qu'ils puissent eux-mêmes faire le test et être conseillés par un médecin. Ils éviteront ainsi de contaminer leur entourage et pourront profiter de façon précoce des médicaments actuellement disponibles.
  • Elles doivent informer leur(s) partenaire(s) actuel(s) de leur infection. La meilleure protection est d'éviter tout échange de sécrétions corporelles et toute relation sexuelle. Certes, les préservatifs réduisent le risque de contagion mais ne l'excluent pas à 100%. Ceux qui ne veulent pas renoncer aux pratiques à risque devraient utiliser systématiquement des préservatifs.
  • Lors de relations sexuelles entre séropositifs, il vaut la peine d'utiliser des préservatifs pour éviter la transmission d'autres infections (syphilis, hépatite, herpès, etc.) ou une souche de VIH particulièrement virulente.
  • Les médecins traitants, les dentistes et le personnel soignant doivent être mis au courant de la séropositivité de leurs patients afin qu'ils puissent agir en conséquence.
  • Les dons de sang, d'organes et de sperme sont interdits aux séropositifs.
Les points énumérés ci-dessus devraient constituer la base d'un comportement responsable et solidaire.

Des publications suplémentaires

© SIDA Information Suisse, 2003 (réédition adaptée)

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Tél.: +41 44 261 03 86, Fax: +41 44 261 10 32
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Sites Internet: www.aids-info.ch; www.hiv-net.org

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